Pourquoi l'amour est-il si compliqué ?

Pourquoi l'amour est-il si compliqué ?

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Table des matières

Bonjour à toutes et à tous 👋

Bienvenue dans l'épisode #62 des carnets de la Voie.
Que vous soyez là depuis le début ou que ce soit votre premier cours, merci de votre confiance 🙏
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Il y a 6 ans, j'étais convaincu que je finirais seul avec mon chat, Jacob.


Je plaisante à moitié quand je dis ça, mais à l'époque, la plaisanterie cachait un profond mal-être. 

En fait, j'étais persuadé qu’il y avait des gens faits pour vivre en couple, qu’ils avaient cette compétence.

Et que d’autres, comme moi, non.

C’est comme ça, je m’étais fait à l’idée.


L’avenir m’a donné tort étant donné que j’ai rencontré ma compagne actuelle.


Mais le fait de repenser à cette époque m’a poussé à m’interroger sur l’amour.

Est-ce qu’on est libre d’aimer ? C’est quoi être en couple au XXI siècle ? Est-ce une ruse de la raison pour déguiser le besoin de procréation ? Est-ce qu'on est fait pour, ou pas, comme on est fait grand ou petit ? Ou est-ce autre chose, quelque chose qui se joue ailleurs que dans un trait de caractère figé une fois pour toutes ?

C’est partie pour l’épisode 62 des
Carnets de la voie.


Au programme :

  • Ce que Haddaway ignorait

  • Le piège du choix

  • Se rendre disponible

  • Conclusion : la seule marge qui compte


Dès que vous serez près, vous pouvez :

  • Rejoindre mon programme La Voie pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.

  • Lire mon livre pour vous créer une vie (presque) sans problème


Ce que Haddaway ignorait

En 1993, le chanteur Haddaway posait la question la plus stupide et la plus profonde de la pop culture : "What is love ?" Baby don't hurt me, don’t hurt me, no more gémissait-il en boucle, sans jamais répondre à sa propre question.


Il aurait pu demander à Schopenhauer. Ce dernier avait la réponse, et elle n'est pas très romantique.


Dans sa Métaphysique de l'amour, Schopenhauer démonte le mythe du grand amour comme rencontre de deux âmes. Pour lui, ce qu'on appelle passion amoureuse n'est que la ruse d'une force plus vieille et plus indifférente que nous : la Volonté.

Ce "vouloir vivre" aveugle qui traverse toute chose vivante. Il affirme que « Tout état amoureux, si éthéré qu'il se présente, a son unique racine dans l'instinct sexuel. ».


En bref, le vrai personnage principal du roman d'amour n'est jamais le couple. C'est l'enfant à naître, que l'espèce cherche à produire à travers nous, sans nous demander notre avis.


Charmant.


Et la biologie, sur ce point précis, donne plutôt raison au vieux pessimiste allemand.

On a même découpé la mécanique en trois actes.

D'abord la rencontre, le désir : dopamine, ocytocine, ce cocktail qui vous fait fixer quelqu'un dans un bar comme s'il n'existait plus personne d'autre sur terre.

Ensuite la romance, cette période un peu folle où l'adrénaline et la noradrénaline vous font perdre l'appétit et le sommeil.

Et enfin, si tout se passe bien, l'attachement durable, porté par la sérotonine, cette chimie plus tranquille qui installe le couple dans la durée.


Trois hormones, trois actes, un seul but : perpétuer l'espèce.


Sauf que cette lecture, aussi élégante soit-elle, a un angle mort : elle n'explique pas pourquoi on continue de faire l'amour bien après que la reproduction a cessé d'être un enjeu. Elle n'explique pas non plus l'amour homosexuel, ni l'amour asexuel.

La chimie décrit un mécanisme. Elle n'épuise pas le ressenti.


Mais alors, si l'amour n'est, au fond, qu'un mécanisme biologique, qu'une force aveugle qui nous traverse sans nous demander notre avis, alors ma vieille conviction ("je ne suis pas fait pour ça") n'avait strictement aucun sens. 

La biologie ne fait pas de tri entre les gens "capables" et les gens "incapables" d'aimer. Elle ne consulte pas de CV.

Par contre, je vais assumer le spinoziste que je suis : on ne choisit pas d'être amoureux. On est choisi.

Ce n'est pas nous qui décidons, un matin, de tomber pour quelqu'un. C'est quelque chose en nous, bien plus vieux que notre volonté, qui décide à notre place.


Je sais que ça peut sembler dur, presque fataliste. Gardez cette idée de côté, on va la retravailler plus loin. Disons simplement, que dans chaque chose qui nous arrive, il existe une marge de manœuvre. Parfois minuscule. Mais c'est elle qui fait toute la différence.

On pourrait l'appeler la liberté.


Elle n'est pas encore là, cette marge. Pas dans ce premier temps de l'histoire. Parce qu'il faut distinguer deux amours, en réalité.

Il y a l'amour coup de foudre, celui que je viens de décrire : passionnel, chimique, dangereux, un peu hors de contrôle.

Et il y a un autre amour, plus tranquille, plus conscient, celui qu'on nourrit une fois qu'il est là. On y revient dans la troisième partie.

En attendant, agissez.


En pratique :


Prenez une feuille. Repensez à un moment où vous avez ressenti une attirance ou un attachement fort pour quelqu'un.


  1. Décrivez ce que vous avez ressenti physiquement, dans le corps (les fameux "papillons").

  2. Décrivez, séparément, l'histoire que vous vous êtes racontée à ce moment-là sur vous-même ("je suis comme ça", "je ne suis pas capable de ça").

  3. Complétez : "Ce que j'ai ressenti était réel. Ce que j'en ai conclu sur moi était…"

Le piege du choix

Bon, la biologie ne pouvait donc pas m'accuser d'être structurellement inapte à l'amour. Reste une autre explication, plus insidieuse : et si c'était moi, spécifiquement, qui avais un problème ?

Il faut dire que notre époque a un talent particulier pour rendre l'amour plus difficile qu'il ne devrait l'être.

La sociologue Eva Illouz l'explique bien : nos sociétés contemporaines placent la liberté individuelle au-dessus de tout, y compris au-dessus de l'éthique collective. 

Or l'amour, par définition, est une relation. 

Il exige qu'on renonce, ne serait-ce qu'un peu, à cette liberté totale qu'on nous vend partout ailleurs comme le bien suprême.

Par conséquent, la phobie de l'engagement se généralise, les ruptures se multiplient, et le lien de couple devient une sorte de contrat tacite qu'on renouvelle en silence, jour après jour, tant que la relation "rapporte" plus qu'elle ne coûte à chacun des deux partenaires.

Et depuis, les choses ne se sont pas arrangées.

Je ressens comme une fatigue relationnelle, aujourd'hui, qui n'existait pas de la même façon avant le Covid. 

Les gens ont la flemme. Flemmede sortir, de rencontrer, de recommencer, encore et encore, la même conversation avec un nouvel inconnu sur une application. Ce n'est pas seulement compliqué. 

C'est épuisant.

Si bien que des assistants IA écrivent les messages à votre place qu'on envoie aux matchs.

Les gens ont tellement peur de l'échange lui-même qu'ils délèguent jusqu'au mot "bonjour".


Finalement, les gens ont moins de mal à se mettre à poil physiquement pour coucher qu'à se mettre à poil émotionnellement pour construire une relation.


Relisez cette phrase. Elle est dure, mais elle est juste.


On sait tous très bien envoyer une photo, organiser un rendez-vous, passer une soirée. Ce qu'on ne sait plus faire, c'est dire "j'ai peur", "j'ai besoin de toi", "je ne me sens pas en sécurité", sans avoir l'impression de se mettre en danger.


(Précisons, parce que ce serait trop facile de faire porter le chapeau aux applications de rencontre : j'ai moi-même rencontré ma compagne sur l'une d'elles, en 2020. Elles fonctionnent très bien, pour qui sait s'en servir. Le problème n'est pas l'outil. Le problème, c'est ce qu'on refuse de montrer, une fois le message échangé.)

Alors oui, ma vieille conviction avait un fond de vérité, mais pas celui que je croyais. 

Ce n'était pas "je suis structurellement inapte". C'était plutôt : "je vis à une époque qui rend la vulnérabilité plus difficile que jamais, et je n'ai pas encore appris à la pratiquer." 

Ce n'est déjà plus tout à fait le même problème.

En pratique :

Posez-vous, seul, avec une feuille. Répondez honnêtement.

  1. Votre vie relationnelle actuelle (en couple, célibataire, entre deux) est-elle un choix réel, ou une position par défaut, installée par la peur ?

  2. Où en êtes-vous, vraiment, avec vous-même en ce moment ?

  3. Si quelqu'un frappait à la porte demain, seriez-vous prêt à le laisser entrer, ou seriez-vous en train de garder la porte fermée sans même vous en rendre compte ?

  4. Complétez : "Ce que j'évite de montrer aux autres, c'est…"

se rendre disponible

Récapitulons.

Ce n'est pas la biologie (partie 1). Ce n'est pas non plus uniquement l'époque (partie 2).

Il reste donc, forcément, une marge de manœuvre. Et c'est celle-là que j'ai dû apprendre à travailler, moi, concrètement.


Revenons à la tension posée plus haut.

On ne choisit pas de tomber amoureux, disais-je. C'est toujours vrai. Mais on peut choisir de nourrir cet amour, une fois qu'il est là. C'est ici que la distinction entre les deux amours prend tout son sens. 

Il y a l'amour passionnel. Le fameux coup de foudre, celui qu'on subit, chimique et hors de contrôle.

Et il y a l'amour conscient. Chimique aussi, pour des raisons biologiques, sauf qu'on l’entretient jour après jour, et qui participe à ce que Spinoza appelait le conatus : cet effort de persévérer dans son être.

La marge de manœuvre n'est jamais dans le fait de tomber amoureux ou pas. Elle est dans ce qu'on décide de faire, ensuite, de cet amour-là.


Pour ma part, ce travail est passé par une thérapie, pour comprendre le schéma dans lequel j'étais enfermé.
Ensuite, par un coaching, pour passer enfin à l'action. Et je continue, aujourd'hui encore, à voir une psychologue régulièrement. 

Pas parce que quelque chose serait "cassé". Mais parce que c'est un chantier, pas un problème qu'on règle une bonne fois pour toutes et qu'on range dans un tiroir.

Je le dis sans complexe. Ce n'est pas un aveu de faiblesse. C'est la continuité logique de ce dont on parle depuis le début : nourrir son conatus, activement, plutôt que le laisser se faire grignoter par la peur.

Et ce travail dépasse largement le couple. 

Il me rend meilleur ailleurs aussi, au travail comme à la maison. Ce n'est pas un sujet d'amoureux transis. C'est un sujet de vivant, tout court.

Concrètement, ça a voulu dire apprendre à communiquer sur des faits, des sentiments, des besoins, et une demande claire, plutôt que sur des sous-entendus qu'on espère que l'autre devine. 

Ça a voulu dire ne plus laisser la frustration s'accumuler en silence jusqu'à exploser trois mois plus tard pour une histoire de vaisselle. 

Et surtout, ça a voulu dire comprendre que je n'étais pas là pour combler un vide, mais pour enrichir une vie qui, de mon côté, devait déjà être pleine.

En pratique :

Prenez une feuille. Identifiez une croyance que vous avez sur vous-même, en matière de relation ("je ne suis pas fait pour…", "je suis trop…", "je n'arrive jamais à…").

  1. Écrivez-la telle quelle, sans l'adoucir.

  2. Depuis quand vous la racontez-vous ? D'où vient-elle, la première fois ?

  3. Est-ce un fait vérifiable, ou une histoire que vous répétez depuis si longtemps qu'elle a fini par ressembler à un fait ?

Conclusion : la seule marge qui compte

Jacob est toujours dans ma vie. Mais ma vieille conviction, celle de finir seul avec lui pour toute compagnie, ne s'est pas vérifiée.

Une part de chance je suppose, et une grosse par de travail, réel, continu, pas toujours confortable.

Alors non, l'amour n'est pas un don qu'on a ou qu'on n'a pas à la naissance, comme une taille ou une couleur d'yeux. 

Ce n'est pas non plus une fatalité qu'on subit, imposée de l'extérieur par une époque qui complique tout. 

C'est un espace où la biologie, la société et le travail personnel se mêlent en permanence. Et parmi ces trois forces, une seule vous appartient vraiment.

La dernière.

Alors ne vous comparez pas à ceux qui semblent y arriver sans effort. Parce qu’ils en font. Tous les jours, pour essayer d’être un meilleur humain.

Comparez-vous plutôt à la personne que vous étiez l'an dernier, avec vos vieilles croyances toutes fraîches encore.


Faites de votre mieux.

Un peu mieux chaque jour, avec vous-même d'abord, avec l'autre ensuite.


Et si une vieille conviction vous chuchote encore que vous n'êtes "pas fait pour ça", demandez-vous simplement, comme je l'ai fait avec Jacob : est-ce un fait, ou une histoire ?




Bravo et merci de m'avoir lu jusqu'ici 🙏 J’espère que ce cours vous a plu, si c’est le cas faites-le-moi savoir en laissant un commentaire ou en m’envoyant un message sur LinkedIn ou Instagram.

Ça me fait toujours plaisir et ça m’aide d’avoir vos feedbacks.

Sur ce je vous laisse,

Bon futur !


Dès que vous serez prêt, vous pouvez :

  • Rejoindre mon programme La Voie pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.

  • Lire mon livre pour vous créer une vie (presque) sans problème.


Vous venez de lire les carnets de la Voie, la newsletter qui vous partage chaque semaine 3 idées qui éclairent et 3 exercices qui transforment pour passer d'une vie subie à une vie choisie.

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