L'incroyable rimicaris hybisae

L'incroyable rimicaris hybisae

Vous lisez les carnets de la Voie, la newsletter qui vous partage chaque semaine 3 idées qui éclairent et 3 exercices qui transforment pour passer d'une vie subie à une vie choisie.

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Temps de lecture : environ 12 minutes

Table des matières

Bonjour à toutes et à tous 👋

Bienvenue dans l'épisode #61 des carnets de la Voie.
Que vous soyez là depuis le début ou que ce soit votre premier cours, merci de votre confiance 🙏
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Samedi dernier, je me suis enfin motivé à désherber mon jardin, laissé à l'abandon par un excès de procrastination.

Alors que j'arrachais le 127e pissenlit, en prenant soin d'en ôter la racine, la plus profonde possible, j'ai remarqué un semblant de tronc dans l'interstice de deux pavés de ma terrasse.

Je m'approche. Je constate les feuilles. Et là, surprise : un érable en puissance avait élu domicile à mon domicile.

Comment diable a-t-il pu jaillir du néant dans ce monde ?

Et surtout, comment a-t-il trouvé la force de s'épanouir dans un endroit apparemment sans vie ?

(On parle de carrelage de terrasse, tout de même.)

Aucune p*tain d'idée.

Et ça m'a ramené à ma passion première : découvrir les lois qui composent la nature et l'univers.

C'est la démarche philosophique par excellence.

Et comme je le rabâche à mes clients : plus vous en apprenez sur vous et sur le monde, plus vous gagnez en souveraineté.

Parce que vous comprenez mieux, donc maîtrisez mieux, les règles du jeu dans lequel vous êtes, de votre premier à votre dernier souffle.

Alors, cher lecteur, aujourd'hui je vous emmène dans les confins de "la vie qui veut la vie".

Au programme :

  • Là où on ne l'attend pas

  • Sipo Matadore

  • Nourrir son conatus

  • Conclusion : on ne lâche rien


Dès que vous serez près, vous pouvez :

  • Rejoindre mon programme La Voie pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.

  • Lire mon livre pour vous créer une vie (presque) sans problème


La ou on ne l'attend pas

Dans la mer des Caraïbes, quelque part à 5 000 mètres de profondeur, là où la lumière ne pénètre quasiment plus, vit une crevette.

Mais pas n'importe quelle crevette. Il s'agit de Rimicaris hybisae.

La particularité de cette bestiole, outre qu'elle n'a pas d'yeux et qu'elle vit dans les abysses, c'est qu'elle se tient juste au-dessus du cratère d'un volcan sous-marin.

Résultat : autour des cheminées hydrothermales, l'eau peut frôler les 400°C.

Non mais, vous vous rendez compte ? Elle devrait cuire. Elle devrait fondre. Mais non.

Elle vit peinarde, dans l'obscurité torride, là où vous et moi serions réduits en bouillon en trois secondes.

Et ce n'est pas un cas isolé.

Prenez le tardigrade, cet "ourson d'eau" microscopique. On l'a exposé au vide spatial, à des radiations qui nous tueraient mille fois, à des températures proches du zéro absolu. Il s'est mis en pause.


Et au retour, il est reparti vivre sa vie comme si de rien n'était.

Ou prenez ces bactéries qu'on a retrouvées prospérant dans les réacteurs de Tchernobyl, là où la radioactivité devrait tout stériliser.


Elles ne se contentent pas de survivre : certaines se nourrissent du rayonnement (c'est n'importe quoi !).

C'est ça que je trouve formidable avec la vie. Elle est comme l'amour : elle est là où on l'attend le moins.

Et au fond, ce qui compte, ce n'est pas tant la crevette ou le tardigrade. C'est ce qu'ils provoquent en vous quand vous les découvrez : l'étonnement.

Or, pour Aristote, penser, c'est précisément s'étonner. "C'est par l'étonnement que les hommes ont commencé à philosopher", écrit-il.

L'enfant qui demande "pourquoi le ciel est bleu ?" fait déjà de la philosophie. L'adulte qui hausse les épaules en disant "c'est comme ça" a, lui, arrêté de penser.

Le problème, c'est qu'à force de tout croire connaître, on s'étonne de moins en moins. Et plus on cesse de s'étonner, moins on pense.

Moins on pense, plus on laisse les autres penser et décider à notre place.

En pratique :

Prenez une feuille. Listez 5 choses que vous ne comprenez pas sur l'univers, la nature ou vous-même.

  1. Notez-les sans filtre, même les "bêtes" (pourquoi je dors ? pourquoi le feu brûle ?).

  2. Choisissez-en une et passez 20 minutes à chercher pour enfin la comprendre, du moins un peu mieux.

  3. Demandez-vous : "Qu'est-ce que je tenais pour acquis et qui est, en réalité, un mystère ?"

Sipo matadore

Parmi les énigmes que Nietzsche nous laisse, 126 ans après sa mort, il y a cette plante : le Sipo Matadore.

On la croise dans Par-delà le bien et le mal, quand il est question de savoir ce qui est noble.

Nietzsche y décrit la société comme un échafaudage de l'aristocratie, permettant à des élites de s'élever vers des tâches de plus en plus nobles.

Je ne vais pas entrer dans les détails, mais pour lui, cette aristocratie fonctionne exactement comme le Sipo Matadore.

Mais qu'est-ce donc ce Sipo de satan ?


C'est une liane qui pousse le long d'un chêne pour aller chercher le soleil vers la canopée, quitte à étouffer l'arbre qui l'a, malgré lui, aidée à atteindre son objectif.

Laissons l'aristocratie de côté, et concentrons-nous sur la liane.

Chez Nietzsche, on a là une démonstration de la volonté de puissance. Cette liane cherche la vie "par-delà le bien et le mal".

En montant vers le soleil, elle ne dit pas "crève, espèce d'enfoiré de chêne".

Non. Elle n'a aucune haine.

Aucune morale. Elle essaie simplement de perdurer dans la vie. Et ce, malgré les obstacles.

C'est ça, "la vie qui veut la vie". Au-delà des choses incroyables de l'univers, il y a cette résistance têtue du vivant. Quelque chose qui cherche à durer, coûte que coûte.

Et cette force, elle n'est pas qu'au fond des océans ou au sommet des arbres.

Elle est en vous, là, maintenant.

Quand il fait très froid, votre corps sacrifie la chaleur de vos extrémités (vos doigts, vos orteils) pour protéger vos organes vitaux.

Vous ne le décidez pas. La vie le décide pour vous.

Un nouveau-né plongé dans l'eau retient instinctivement sa respiration et bat des bras : c'est le réflexe natatoire, inscrit en lui avant même qu'on lui ait rien appris.

Et vous-même, combien de fois avez-vous "tenu" dans une période où vous pensiez ne plus tenir ? Votre conatus (on y détaille ça dans la 3e partie) travaillait pour vous, même quand votre tête voulait abandonner.

La vie en vous veut la vie. Le problème, c'est qu'on lui met souvent des bâtons dans les roues.

En pratique :

Identifiez le "chêne" que vous êtes en train d'escalader, l'obstacle qui se dresse entre vous et votre soleil.

  1. Quel est votre soleil en ce moment (le but vers lequel vous tendez vraiment) ?

  2. Quel est le "chêne" l'obstacle concret sur lequel vous devez prendre appui pour monter ?

  3. Êtes-vous en train de pester contre cet obstacle… ou de vous en servir comme d'un point d'appui ?

  4. Complétez : "Cette semaine, je grimpe d'un cran en…"

Nourrir son conatus

Avant Nietzsche, Schopenhauer parlait de volonté (der Wille, pour les puristes). Et encore avant, Spinoza évoquait le conatus, c'est-à-dire "l'effort de persévérer dans son être".

En grimpant sur son hôte pour atteindre le soleil, le Sipo Matadore poursuit son conatus.

En gros, tout ce qui existe ne fait que poursuivre son conatus, en cherchant désespérément le chemin le plus court pour survivre.

En tant qu'humains, donc animaux, nous y sommes soumis.

Nous ne pouvons pas échapper aux lois qui gouvernent la nature. La différence, c'est que nous pouvons en prendre conscience. Et y consentir. Ou agir, quand c'est possible.

Quoi qu'il en soit, nous poursuivons notre conatus dès lors que nous "persévérons dans notre être".

Sauf que, à la différence des autres êtres vivants, nous sommes capables de nous tromper.

De carrément faire fausse route, au point d'en souffrir.

Voyez-vous, toujours chez Spinoza, il y a les passions tristes, qui amoindrissent le conatus, et les passions joyeuses, qui au contraire le renforcent.

Or il est possible que vous passiez le plus clair de votre temps à amoindrir le vôtre.

Vous bradez vos services par peur de manquer de clients. Vous êtes trop disponible pour vos collaborateurs, par peur de froisser l'ambiance de la boîte. Vous restez dans un job qui vous tue à petit feu, par peur de l'inconnu.

Bref, rien de bon. Mais vous êtes humain. Donc imparfait.

Et la solution n'est pas de vous flageller. Ajouter du pathos au pathos n'a jamais nourri personne.

Il s'agit d'abord d'accepter les passions tristes, elles sont là, c'est un fait, puis de réorienter doucement votre énergie vers ce qui vous augmente : les passions joyeuses et ce que Spinoza appelait les "causes adéquates", celles que vous comprenez et choisissez vraiment.

Comme le disait Jim Carrey : "On peut échouer à faire ce qu'on n'aime pas. Alors autant tenter sa chance avec ce qu'on aime."

À condition de le trouver.

En pratique :

Tracez deux colonnes sur une feuille : Passions tristes / Passions joyeuses.

  1. Colonne de gauche : listez tout ce qui, dans votre semaine, amoindrit votre conatus (ce qui vous vide, vous éteint, vous rapetisse).

  2. Colonne de droite : listez ce qui le renforce (ce qui vous donne de l'élan, vous agrandit).

  3. Entourez UNE passion triste que vous pourriez réduire cette semaine, et UNE passion joyeuse que vous pourriez nourrir.

  4. Complétez : "Cette semaine, je retire un peu de… pour ajouter un peu de…"

Conclusion : Ne rien lacher

À contre-coeur, j’ai dû enlevé la jeune pousse d’érable. Quelque jours plus tard, j’ai trouvé sa jumelle dans mon jardin.

Là où elle peut s’épanouir sans que ses futures racines détruisent quoi que ce soit.

Au risque de me répéter, mais la vie est vraiment partout.


C'est pourquoi il faut s'en étonner.

C'est la raison d'existence de cette newsletter : vous partagez mes étonnements et autres déambulations existentielles.

Car la vie est belle, mais exigeante. Parfois difficile. Très difficile, même. 

Alors ne vous en voulez pas de galérer.

Ne vous torturez pas inutilement si vous avez merdé, parce que vous continuerez de merder. Ça fait partie de la condition humaine.

Faites de votre mieux par rapport à la personne que vous étiez hier.

C'est comme ça que vous penserez. Que vous penserez mieux.

Donc que vous vivrez mieux.


Bravo et merci de m'avoir lu jusqu'ici 🙏 J’espère que ce cours vous a plu, si c’est le cas faites-le-moi savoir en laissant un commentaire ou en m’envoyant un message sur LinkedIn ou Instagram.

Ça me fait toujours plaisir et ça m’aide d’avoir vos feedbacks.

Sur ce je vous laisse,

Bon futur !


Dès que vous serez prêt, vous pouvez :

  • Rejoindre mon programme La Voie pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.

  • Lire mon livre pour vous créer une vie (presque) sans problème.


Vous venez de lire les carnets de la Voie, la newsletter qui vous partage chaque semaine 3 idées qui éclairent et 3 exercices qui transforment pour passer d'une vie subie à une vie choisie.

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